29.02.2008

La moindre des choses #28

Je passe des nuits entières à scruter ton sommeil. Au détour de tes hanches, le grain égaré de ta peau, ton échine embrasée de frissons. Le plus clair de mon temps à traquer tes soupirs nocturnes sur l’oreiller fané. Evaluer l’intensité du séisme, l’irrigation approximative de tes certitudes fissurées. Fouiller les décombres afin d’exhumer ce qui subsiste de nous, en recherchant vainement la faille d’où s’écoulent nos mémoires. Où se creuse la distance. Les yeux grand ouverts à guetter le moment où je sombre, pour mieux y détailler mes rêves.

 

© G.Cheval - Reproduction interdite.

Poème inédit.

Commentaires

Spéléologue de l'intime, Gilles Cheval explore patiemment nos interstices sinueux, nos failles, nos gouffres.
Une lézarde a bien le droit, aussi, de paresser au soleil.

Ecrit par : Sauveterre | 03.09.2008

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